Après François de Roubaix voilà quelques mois, je m'arrête cette fois sur un nom bien plus connu: Ennio Morricone.
Les westerns spaghetti de Sergio Leone offrent un premier espace libre à Morricone au début de sa carrière. Il y fera moultes expérimentations dont certaines resteront célèbres (le tictac de Mon nom est personne ou l'harmonica de Il était une fois dans l'ouest par exemple). Les autres serviront de bases, sans cesses modifiées, à d'autres films au cours des trente années suivantes.
Parfois aussi, il se place totalement en dehors, franchissant la notion même de musique de film. Par exemple pour le film Uccellacci e uccellini (Des oiseaux petits et gros) où le chanteur récite le générique (le nom des acteurs, du producteur, etc) sur un fond musical passant du rock à l'opéra et du classique au style moyen-âgeux.
Ensuite, avec les années 70, vient une suite de films policiers et/ou politiques (Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, La classe ouvrière va au paradis, I comme Icare, Espion lève-toi pour n'en citer que quelques-uns). La grande force de Morricone est la tension extrême que peut prendre sa musique pour souligner la tension d'une séquence dans un film. L'ouverture de Peur sur la ville est un modèle du genre.
Pour moi, sa meilleure partition est celle pour Le clan des siciliens, où non seulement la musique rythme le film, mais le ralenti aussi parfois[1]. On ressent même la fatalité de Gabin rien qu'à l'écoute du titre sur l'iPod!
Souvent imité, jamais égalé, Morricone s'est essayé à tout sans rien négliger. Il a fait chanter Joan Baez, il a élevé le siffleur comme musicien à part entière et à près de 80 ans, il a dernièrement participé à la bande originale de Kill Bill de Tarentino!